Peut-on vraiment vivre sans être reconnu par les autres ? Des neurosciences à la pyramide de Maslow, le constat est unanime : la reconnaissance est un besoin fondamental. À la racine des besoins universels de l’être humain, la Communication Non Violente (CNV) en identifie deux : le besoin d’amour et le besoin de se sentir exister. Exister dans le regard de l’autre est un des accès au sentiment d’exister.

Cependant, dans nos usages courants du mot, la “reconnaissance” est un mot-valise. On l’exige, on la réclame, on déplore son absence, sans jamais vraiment définir ce qu’elle implique, ni examiner ses différentes formes. S’agit-il d’un statut, d’un remerciement, d’une validation ? Et, selon qu’on utilise le nom commun ou le verbe d’action, est-on sûr de parler de la même chose ?

Pour bien cerner la notion et sa réalité, il faut comprendre sa double nature. La reconnaissance n’est pas un dû unilatéral, c’est un flux : il y a celle qu’on m’accorde et celle que j’accorde. Il est probable que l’une ne fonctionne pas sans l’autre. En fin de compte, la reconnaissance serait comme une rue à double sens : elle serait réciproque ou ne serait pas.

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